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Subvention du Fonds vert à Gaz Métro - La transition énergétique ne passe pas par le développement des énergies fossiles

 

COMMUNIQUÉ
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Québec, 21 juillet 2017 - La décision de Québec d’accorder 20 millions de dollars du Fonds vert à Gaz Métro pour lui permettre d’étendre son réseau constitue une très mauvaise utilisation des sommes consacrées à la transition énergétique, selon Nature Québec et le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ). Les organismes rappellent que le gaz naturel demeure une énergie fossile qui émet des quantités considérables de GES et qu’il ne saurait être considéré comme une énergie de transition, surtout dans le contexte québécois où des solutions durables existent.

« C’est assez consternant comme décision, d’autant plus que c’est une somme importante », constate Christian Simard, directeur général de Nature Québec. « Cet argent aurait pu être consacré à l’efficacité énergétique, largement déficiente au Québec, ou à des projets de chauffage à la biomasse résiduelle qui ont au moins le mérite de créer des emplois au Québec. Il aurait aussi pu servir à la promotion des modes de transport actifs, collectifs et partagés. Là, les contribuables financent un réseau qui va nous rendre plus dépendants d’une énergie fossile provenant de plus en plus du gaz de schiste américain. Est-ce là, la mission du Fonds vert? »  

À quoi sert le Fonds vert?

L’aval donné au financement de ce projet, l’un des premiers dévoilés depuis l’annonce de la réforme de la gouvernance du Fonds vert, préoccupe grandement Nature Québec et le RVHQ.

« Après le scandale qui a suivi l’annonce du financement d’un pipeline de Valéro par le Fonds vert l’an dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait promis une réforme en profondeur du Fonds vert », rappelle Carole Dupuis, coordonnatrice générale et porte-parole du RVHQ. « La décision de financer l’expansion du réseau de Gaz Métro prouve le contraire et envoie un message bien contradictoire : au Québec, on réduit notre dépendance aux énergies fossiles… en finançant les énergies fossiles! »

« Nous avons beau essayer de comprendre la logique du gouvernement dans ce dossier, c’est le néant. Comment peut-on utiliser des fonds destinés à des projets écologiques pour soutenir le développement d’une énergie fossile?» s’interroge M. Simard.

Une décision qui encourage l’extraction de gaz au Québec?

Nature Québec et le RVHQ craignent également qu’en finançant le prolongement du réseau gazier, le gouvernement encourage les compagnies à utiliser le prétexte de l’approvisionnement local pour tenter de justifier des projets d’extraction de gaz au Québec. « En créant un cadre réglementaire sur mesure pour l’industrie des hydrocarbures, en investissant dans les projets d’exploration pétrolière et gazière et en finançant les infrastructures qui amènent ces combustibles aux marchés, le gouvernement Couillard enferme le Québec dans un cul-de-sac environnemental et économique », s’indigne Carole Dupuis.

Les deux organisations rappellent que dans la foulée de l’adoption sous le bâillon de la Loi sur les hydrocarbures, en décembre dernier, plusieurs compagnies ont manifesté un intérêt renouvelé pour l’extraction de gaz au Québec.  Pétrolia, en voie d’acquisition par l’albertaine Pieridae, a confirmé le 22 juin le recours possible à la fracturation hydraulique à son gisement gazier Bourque, situé dans des sous-bassins des rivières à saumons Darthmouth et York. Petrolympic et Ressources et Énergie Squatex s’intéressent quant à elles à des réservoirs situés respectivement à proximité de la Mitis et à l’embouchure de la Patapédia, deux autres précieuses rivières à saumons. Enfin, Questerre a complété un placement privé sur les marchés internationaux pour financer son projet-pilote de développement du gaz de schiste dans Lotbinière ou Bécancour.

« Le Fonds vert est outil précieux que nous nous sommes donnés afin de diminuer nos émissions de GES et de lutter contre les impacts des changements climatiques. En ce sens, nous croyons en son potentiel, mais la transition énergétique ne passe pas par le développement des hydrocarbures », conclut Christian Simard.

 

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