La faune du Québec

Le Cerf de Virginie
Chevreuil - White-tailed deer (Odocoileus virginianus)

95_30_h.jpg (7819 octets) Photo Louis Gagnon

Primée au Concours photo du magazine Franc-Vert (1995)

Classification
  • Classe: mammifères
  • Ordre: artiodactyles (animaux munis d'un nombre pair de sabots à chaque pied)
  • Famille: cervidés (animaux qui portent des bois)
Description physique La grâce et la délicatesse sont les attributs du Cerf de Virginie. Il possède un corps mince et élancé ainsi que des longues pattes fines qui lui permettent de courir vite et de façon élégante, en bondissant souvent parmi les arbustes. Sa queue, longue d'environ 30 cm, est caractérisée par le contraste marqué de ses couleurs. Elle est blanche en-dessous et brune au-dessus. Sa robe présente aussi un joli patron de couleurs contrastées, surtout en été. Elle est à cette période de l'année rousse-brune mais blanche sur le ventre, la gorge, l'intérieur des pattes et des oreilles, sur le menton et autour des yeux. À l'automne, de longs poils grisâtres poussent et isolent l'animal contre le froid. Les faons sont des plus jolis avec leur robe tachetée de blanc sur le dos et les flancs.

Normalement, seul le mâle porte un panache, mais il arrive qu'il pousse même chez la femelle. Le panache du Cerf de Virginie se distingue des autres panaches de cervidés par ses pointes dirigées vers l'avant, de longueur décroissante de l'arrière vers le devant.

Le Cerf de Virginie possède de nombreuses glandes odorifères qui jouent un rôle important quand il désire communiquer avec les autres cerfs. Ces glandes sont situées sur son front, au coin de ses yeux, entre ses sabots et sur la face interne de ses pattes postérieures.

Les mâles sont en moyenne plus grands et plus lourds que les femelles. Les mâles mesurent de 1,8 à 2,15 mètres de longueur totale et pèse de 90 à 136 kg, tandis que les femelles mesurent 1,6 à 2,0 mètres et pèse de 56 à 82 kg.

Habitat et alimentation Le Cerf de Virginie occupe en général les forêts mélangées et les forêts en régénération où les jeunes arbres et les arbustes sont abondants. Ils habitent principalement le sud de la province.

Il se nourrit de végétaux et il broute différentes plantes selon la saison. En été, ce sont de nombreuses espèces de plantes herbacées et les feuilles d'arbres et d'arbustes qui constituent l'essentiel de son menu. En automne, il est friand de noix, de fruits et de champignons. L'hiver est la saison où il s'alimente seulement de végétation ligneuse. Il broute alors des tiges et des bourgeons d'arbres et d'arbustes à feuilles caduques ou persistantes. C'est la période de l'année la plus difficile pour sa subsistance car sa nourriture est peu nutritive, ce qui lui occasionne une perte de poids et l'affaiblit considérablement. La couche de neige épaisse lui exige une plus grande dépense d'énergie pour accéder à sa nourriture, et c'est pourquoi, au cours de l'hiver, les cerfs peuvent se rassembler en petites hardes dans des forêts où un couvert de conifères existe. Ils empruntent alors régulièrement les mêmes sentiers pour se déplacer de leurs sites de repos à leur sites d'alimentation. Une fois la neige tassée, leur déplacement se font plus facilement. Ces zones de circulation intense sont appelées des ravages.

Reproduction
  • Période du rut: octobre à novembre
  • Duréede la période de gestation: 205-210 jours
  • Nombre de portée par année: 1
  • Nombre de petits par portée: 1-4, généralement 2
  • Période de mise bas: avril à juillet, mais plus souvent juin

Le développement du panache du mâle précède la saison des amours. Il se termine au mois d'août ou septembre par le déssèchement et le détachement de la peau qui nourrissait l'os en croissance depuis 5 mois. Le mâle frotte ses bois sur les branches des jeunes arbres ou des arbustes pour en accélérer la chute et polir son panache.

Au mois d'octobre, le mâle embelli de son panache part à la conquête des biches. Il décèle leur présence par l'odeur qu'elles dégagent quand elles sont en chaleur. Durant la période des amours, le mâle frotte ses bois contre les arbres et entaille suffisamment l'écorce pour y laisser des marques d'une longueur de 25 cm. En plus de laisser aux femellesdes marques visuelles de son passage, le cerf laisse son odeur derrière lui en frottant en même temps que ses bois, les glandes odorifères de son front qui ont grossi à l'automne. Le cerf, et parfois même la biche, creuse des cuvettes dans le sol d'une grandeur variant de 30 à 65 cm de diamètre pour y imprégner l'odeur que dégagent les glandes situées entre ses orteils. Il a tendance aussi à déféquer ou uriner dans ces mêmes trous. Ces différents comportements aideraient, pense-t-on, au rapprochement des deux partenaires.

Les mâles perdent leur panache en janvier ou février lesquels sont généralement rapidement rongés par les animaux comme des rongeurs qui y trouvent une source de calcium précieuse.

À la fin du printemps, dans un endroit isolé de la forêt, la femelle donne naissance à habituellement deux faons à peine plus lourds que 3 kg. Ces derniers sont précoces mais malgré cela, la mère les cache dans la forêt pendant le premier mois de leur existence, après quoi ils sont sevrés et la suivent de près. Les jeunes demeurent avec leur mère pendant deux ans avant de s'en détacher définitivement.

Moeurs On peut considérer le Cerf de Virginie comme étant un animal solitaire, surtout l'été. Le mâle est plus solitaire que la femelle, car cette dernière est accompagnée de ses jeunes. Le mâle s'associe aux autres seulement pendant la saison des amours et l'hiver, lorsqu'il forme de petits ravages.

Le Cerf de Virginie vit en moyenne trois à cinq ans. Les plus vieux atteignent l'âge de dix ans mais rarement plus. Ses prédateurs sont le loup, le coyote et le cougar. L'ours peut à l'occasion s'emparer des faons. L'homme le chasse beaucoup et le tue malheureusement en grand nombre par accident sur les routes.

Statut de l'espèce Cette espèce était très peu présente au Québec avant l'arrivée des Européens. Suite au déboisement intensif de nos forêts à la fin du dix-neuvième siècle, les Cerfs de Virginie ont commencé à peupler les forêts en regénération. C'est à l'île d'Anticosti, où l'espèce a été introduite en 1896, que les Cerfs de Virginie sont en plus grand nombre au Québec. L'estimé de population de 1993 révèle qu'il y en a 121 000 sur l'île (15,2/km2). Selon ce même estimé, il y a sur le continent québécois 155 000 Cerfs de Virginie, fortement concentrés dans le sud-ouest de la province, soit dans la région de l'Estrie (13,1/km2 ). La population de Cerfs de Virginie au Québec est l'objet d'une gestion rigoureuse.
Références utilisées Banfield, A.W.F., Les mammifères du Canada, Musée National des Sciences Naturelles, 1974.

Prescott, J et P. Richard, Mammifères du Québec et de l'Est du Canada, Éditions Michel Quintin, Waterloo (Québec), 1996.

Stokes, D.W. et L.Q. Stokes, Nos animaux: tous les secrets de leur comportement, Les Éditions de l'Homme, 1989.

Wrigley, R.E., Mammals in North America, Hyperion Press Limited, Winnipeg, 1986.


Cette fiche a été rédigée par le Musée canadien de la Nature pour l'ÉcoRoute de l'information