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Le Colibri à gorge rubis |
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| Ruby-throated Hummingbird (Archilochus colubris) | ||
| Classification |
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| Description physique | Le Colibri à gorge rubis est minuscule: sa longueur totale atteint entre 7,5 et 9,4 cm, en incluant sa queue de 2,6 à 3,0 cm, et son poids ne fait que 3 g. Son envergure totale varie de 10,2 à 12,0 cm. Le plumage du mâle est vert lustré sur le dos, la tête et les ailes. La poitrine est blanchâtre, et la gorge, rouge métallique (paraissant noirâtre, selon la position de l'oiseau). La queue du mâle est fourchue. La livrée de la femelle et des juvéniles est assez semblable à celle du mâle. La gorge de la femelle est cependant blanchâtre plutôt que rouge. Celle du mâle juvénile est aussi blanchâtre mais marquée de rayures brun noirâtre à travers lesquelles pointe parfois un peu de rouge. La queue de la femelle est arrondie et tachetée de blanc. Le bec du colibri ressemble à une aiguille. |
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| Habitat et alimentation | Au Canada, le territoire de nidification du Colibri à gorge rubis se limite au sud, depuis le centre de l'Alberta jusqu'aux Maritimes. Au Québec, il occupe toute la portion au sud du 49e degré de latitude nord, entre l'Abitibi et le Lac-Saint-Jean. Le colibri se rencontre aussi en Gaspésie, à l'île d'Anticosti et aux Îles-de-la-Madeleine. Bien qu'il montre une préférence pour les lieux ouverts, il s'accommode d'une grande variété d'habitats: jardins, clairières, vergers et bordures de forêts mixtes ou feuillues. Grâce à son bec mince et sa longue langue extensible, le Colibri à gorge rubis se nourrit du nectar des fleurs et de minuscules insectes. Il est particulièrement attiré par les fleurs tubulaires telles celles du chèvrefeuille, de l'ancolie, des impatientes, de la monarde, de la lobélie, ainsi que par l'asclépiade, les lis et différentes éricacées. Il ne dédaigne pas la sève suintant des trous creusés par le Pic maculé sur les troncs des peupliers, des bouleaux et des érables. Le colibri fréquente aussi les abreuvoirs offrant de l'eau sucrée. |
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| Reproduction |
En mai, lors de la parade nuptiale, surtout lorsqu'il rencontre d'autres mâles ou des femelles, le mâle effectue une série d'envols suivis de piqués décrivant de grands arcs, tel un pendule. Ces voltigements peuvent atteindre une amplitude de 12 m de hauteur. Le mâle exécute aussi d'autres acrobaties prenant la forme de vols verticaux ou horizontaux répétés, accompagnés d'un bourdonnement (produit par ses ailes) et de petits cris aigus. Souvent près d'un cours d'eau, la femelle construit seule son nid. D'un diamètre extérieur variant de 2,5 à 4,4 cm, celui-ci consiste en un assemblage extensible de duvet végétal, d'écailles de bourgeons et de fils d'araignées sur lequel sont fixés des fragments de lichen. Installé sur une branche d'arbre, le plus souvent à une hauteur de 3 à 6 m, ce nid accueille habituellement 2 oeufs blancs de la grosseur d'un pois. L'incubation des oeufs, généralement d'une durée de 16 jours, est assurée uniquement par la femelle, le mâle polygame ne fréquentant les femelles que pendant la période de copulation. Les petits sont nourris par leur mère par régurgitation. Ils ouvrent les yeux à l'âge d'une semaine et quittent le nid à environ 19 jours. |
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| Moeurs | Le Colibri à gorge rubis est individualiste, nerveux et très belliqueux. Aussi, à moins que leur nourriture ne soit surabondante, mâles et femelles défendent vivement leur territoire d'alimentation, chassant non seulement les individus de leur espèce mais aussi les passereaux, les abeilles et les papillons. Quant aux femelles, pour préserver leur nichée, elles n'hésitent pas à charger les oiseaux qui s'en approchent trop, qu'ils soient aussi gros que le merle ou aussi agressifs que le Troglodyte familier. L'agilité du Colibri à gorge rubis est remarquable. Grâce à ses battements d'ailes extrêmement rapides (entre 20 à 80 battements à la seconde, selon le sexe et le type de vol), cet oiseau-mouche peut voler sur place, reculer sur de courtes distances, avancer ou se déplacer verticalement avec aisance. La nuit, la température étant plus fraîche, le Colibri à gorge rubis entre en torpeur: le rythme de ses battements cardiaques et de ses fonctions vitales diminue temporairement et sa température corporelle chute. À compter de septembre jusqu'en octobre, le colibri entreprend sa migration. Il hiverne dans l'extrême sud des États-Unis et depuis le nord du Mexique jusqu'au Costa Rica. La longévité record enregistrée pour le Colibri à gorge rubis est de 9 ans. |
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| Statut de l'espèce | Le Colibri à gorge rubis est l'espèce d'oiseau-mouche la plus répandue au Canada. C'est aussi la seule présente dans l'est du pays. Au Québec, surtout très au sud, il se montre assez commun. | |
| ÉcoConseil | En garnissant vos jardins ou vos plates-bandes de variétés de fleurs tubulaires aux coloris vifs, vous pourriez favoriser le Colibri à gorge rubis. | |
| Pour plus de chances d'observation | Après la deuxième semaine de mai, si vous allez dans un verger en fleurs, un jardin extérieur, ou encore que vous traversez la lisière d'une forêt feuillue ou mixte, ouvrez l'oeil: ce que vous prenez à première vue pour un gros bourdon pourrait bien être un Colibri à gorge rubis! | |
| Références utilisées | Cayouette, R. et J.-L. Grondin, Les oiseaux du Québec, Société zoologique de Québec, Orsainville, 1972. David, N., Les meilleurs sites d'observation des oiseaux au Québec, Québec Science Éditeur, Sillery, 1990. Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de), Les oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada (région du Québec), Montréal, 1995. Godfrey, W.E., Les oiseaux du Canada, Édition révisée, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 1986. Peterson, R.T., Guide des oiseaux de lest de l'Amérique du Nord, Éditions Marcel Broquet Inc., Laprairie (Québec), 1994.
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