La faune du Québec

La Couleuvre rayée

Common Garter Snake (Thamnophis sirtalis)

Classification
  • Classe: reptiles

  • Ordre: squamates (iguanes, lézards, boas, couleuvres, crotales)

  • Sous-ordre: serpents

  • Famille: colubridés (couleuvres)

Description physique

La couleuvre rayée est un serpent de taille moyennement petite. La longueur totale du mâle fait généralement 39,2 à 76,4 cm; celle de la femelle, 46,9 à 119,5 cm. Le nouveau-né mesure entre 15,0 et 19,7 cm de long.

Sa peau, brune ou noire, parfois grise ou cannelle, est habituellement ornée de 3 bandes longitudinales jaunes, brunâtres ou grises, parfois avec du rouge à certains endroits. La bande centrale se trouve sur la rangée d'écailles médianes courant le long de son dos. Les 2 bandes latérales apparaissent sur les deuxième et troisième rangées d'écailles, à partir du bord des écailles ventrales. Entre ces bandes se dessine un damier bien visible composé de carrés noirs ou bruns.

Habitat et alimentation

La couleuvre rayée vit dans toutes les provinces canadiennes, sauf à Terre-Neuve. Elle habite aussi à la grandeur des États-Unis, à l'exception des régions désertiques du sud-ouest. Elle est l'unique espèce de couleuvre en Alaska. Au Québec, on la rencontre sur tout le territoire, depuis le sud jusqu'à la Baie d'Hudson. Elle fréquente les aires ouvertes dans les bois, les champs, près des fermes, le long des routes, sur les terrains marécageux ou sur le bord des lacs, des étangs ou des ruisseaux.

La couleuvre rayée se nourrit de vers de terre, de grenouilles, de salamandres, de campagnols et de petits oiseaux. À l'occasion, son menu comporte aussi des crustacés, des sangsues, des petits poissons ou des chenilles.

Reproduction
  • Période d'accouplement: au printemps, parfois à l'automne

  • Nombre de portées par année: 1

  • Nombre de petits par portée: 10 à 30, en moyenne

  • Période de mise bas: fin juin au début d'octobre

La couleuvre rayée s'accouple à sa sortie d'hibernation, au printemps, ou parfois à l'automne. La copulation peut avoir lieu aussi bien par terre que dans un arbre.

La couleuvre rayée étant ovovivipare, les petits se développent indépendamment à l'intérieur de la femelle et naissent complètement formés et autonomes. Leur naissance a surtout lieu à la fin de juin et au mois d'août, mais plus au nord, elle peut tarder jusqu'au début d'octobre.

Une portée peut compter de 3 à 85 rejetons, selon la grosseur et l'âge de la femelle. Mais plus la femelle se fait vieille, moins les nouveaux-nés sont nombreux. On en dénombre généralement 10 à 30 par portée. Les jeunes couleuvres deviennent aptes à s'accoupler dès leur deuxième automne.

Moeurs

La couleuvre rayée est diurne. Pour se déplacer avec aisance sur la plupart des surfaces, elle utilise ses écailles, lesquelles sont associées à des muscles internes.

Vers la fin d'octobre ou le début de novembre, la couleuvre rayée se réfugie en groupe, parfois avec d'autres espèces, dans des sols mous exposés au sud, ou encore dans des fissures de rochers.

Elle demeure sans manger jusqu'aux premières chaleurs du printemps. Exceptionnellement, elle peut cependant sortir de sa cache, le temps de se chauffer un peu, si le soleil est au rendez-vous.

Pour trouver une proie, la couleuvre rayée doit surtout miser sur sa grande sensibilité aux vibrations et aux odeurs, sa vue étant relativement basse. Ses petites dents acérées, qui sont dirigées vers l'arrière de sa bouche et se renouvellent sans cesse, ne lui permettent ni de broyer ni de déchirer sa nourriture. Elles lui assurent toutefois de garder sa proie, une fois l'ingestion entamée.

La plupart du temps, lorsqu'elle se sent menacée, la couleuvre rayée fuit. Pour impressionner son assaillant, il lui arrive cependant de se lover, de se gonfler et d'excréter un liquide d'odeur fétide. Elle peut même mordre. Mais elle est incapable de blesser sérieusement.

La couleuvre rayée a de nombreux prédateurs dont le raton laveur, le renard roux, le vison d'Amérique, la mouffette rayée, les buses, la couleuvre tachetée, les tortues et les grosses grenouilles.

Statut de l'espèce Au Québec, la couleuvre rayée demeure le serpent le plus communément observé.
Pour plus de chances d'observation Lors de vos sorties diurnes dans les sous-bois ou les champs, soulevez les débris ou les pierres. Vous pourriez y trouver plus d'une couleuvre. N'oubliez surtout pas de remettre les pierres en place après observation.
Références utilisées

Cimon, A., Les reptiles du Québec, bioécologie des espèces et problématique de conservation des habitats, Ministère Loisir, Chasse et Pêche, Québec, 1986.

Cook, F.R., Introduction aux amphibiens et reptiles du Canada, Musées nationaux du Canada, Ottawa, 1984.

Mélançon, C., Inconnus et méconnus (Amphibiens et reptiles de la province de Québec), 2e édition, Société zoologique de Québec inc., Orsainville, 1961.

Wright, A. & A.A. Wright, Handbook of snakes of United States and Canada, tome 2, Comstock, New York, 1957.


Cette fiche a été rédigée par le Musée canadien de la Nature pour l'ÉcoRoute de l'information