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L'Eider à duvet |
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| Eider commun, moyac - Common Eider (Somateria mollissima) | ||
| Classification |
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| Description physique | L'Eider à duvet est le plus gros canard nicheur au Québec. Sa longueur totale, incluant la queue de 8,3 à 10,2 cm, atteint 53,0 à 71,0 cm. Son poids fait en moyenne près de 2,2 kg, la femelle étant en général un peu plus lourde que le mâle. L'envergure totale du mâle varie entre 81 et 109 cm. Celle de la femelle tourne autour de 76 à 106 cm. Le plumage du mâle adulte est principalement blanc et noir : blanc sur le dos, la poitrine, le devant des ailes, le cou et le dessus de la tête; noir sur le ventre, l'arrière des ailes, la queue et la calotte qu'il porte sur la tête. La poitrine est légèrement rosée et la nuque, verdâtre. Le cou est assez fort et le front, de profil, apparaît plutôt aplati. Les yeux sont bruns. Le bec, habituellement jaune-orangé au printemps, prend une teinte variant du gris au vert durant les autres saisons. Les pattes sont jaunâtres ou verdâtres. La livrée du jeune mâle est d'abord brun grisâtre puis elle devient brun chocolat. Le blanc apparaît irrégulièrement. Le plumage de la femelle est brun mais très rayé. Le bec, plutôt épais à la base, est généralement verdâtre, parfois jaunâtre. Le profil, comparé à celui de la femelle Eider à tête grise, est plus allongé. |
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| Habitat et alimentation | La distribution de l'Eider à duvet est circumpolaire. Au Québec, ce canard de mer niche tout le long des côtes, depuis les baies James et d'Hudson jusqu'au Labrador. Il vit aussi sur les côtes du golfe et de l'estuaire du Saint-Laurent, surtout en aval de Kamouraska, de même que sur certaines îles se trouvant dans ces secteurs. L'Eider à duvet se nourrit principalement de petits crustacés (amphipodes) et de mollusques (littorines et moules) mais aussi d'oeufs de hareng. |
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| Reproduction |
Au Québec, les Eiders à duvet arrivent sur leurs aires de reproduction vers la fin de mars. Mais avant même leur arrivée, bon nombre de couples sont déjà formés. En attendant que le sol soit libre de neige, la femelle s'alimente de façon intensive tandis que son partenaire s'affaire à éloigner les autres mâles qui paradent à proximité. À compter de la fin d'avril, les mâles accompagnent les femelles sur les sites où, souvent en grande colonie, elles construiront leur nid. La femelle choisit une petite dépression dégagée ou creuse une petite coupe dans le sol qu'elle tapisse de duvet prélevé sur sa poitrine. Au rythme de 1 par jour, elle y pond ensuite de 3 à 5 gros oeufs, parfois 6, de couleur olive ou chamois olivâtre. Dès la ponte du premier oeuf, le mâle quitte sa compagne. Pendant environ 26 jours, la femelle assure donc seule la couvaison. Moins de 24 heures après leur naissance, les canetons sont amenés vers la rive. Déjà à ce moment, plusieurs couvées se regroupent pour former ce qu'on appelle des crèches. Celles-ci se maintiendront généralement pendant 8 semaines, soit tout juste le temps requis pour que la plupart des jeunes acquièrent une taille et une coloration semblables à celles des femelles adultes. L'eider peut se reproduire à compter de l'âge de 2 ou 3 ans. |
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| Moeurs | L'Eider à duvet est grégaire. Au moment où les femelles commencent à pondre, les mâles s'assemblent en bandes pour aller muer vers des hauts-fonds côtiers, riches en invertébrés, et souvent situés à l'embouchure de rivières. Au crépuscule, ils font entendre leur chant: un "aw-ouu-ourr" plaintif. Du côté des femelles, après l'éclosion des oeufs, lorsque les crèches se forment, une hiérarchie s'établit entre les mères accompagnant les canetons. La femelle dominante émet des vocalises soutenues (des "kor-r-r" gutturaux). De plus, elle garde une posture d'alerte (ailes et queue déployées) et, par son agressivité, oblige les autres femelles à demeurer en périphérie. Au moindre cri d'alarme, les petits se précipitent auprès de la femelle dominante et tentent de se blottir sous elle. Leurs premières heures sont critiques, surtout à cause de la féroce omniprésence des goélands. Le renard et l'homme représentent les 2 autres principaux prédateurs de l'Eider à duvet. |
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| Statut de l'espèce | Grâce aux efforts des services gouvernementaux et des sociétés pour la conservation de la faune, mais aussi grâce à la création de la Réserve de Parc national de l'Archipel-de-Mingan, les populations d'Eiders à duvet ont substantiellement augmenté, au Québec, au cours des 10 dernières années. Ainsi, on estime désormais à plus de 100 000 le nombre de couples nichant sur le territoire québécois. Cette estimation réunit les 3 sous-espèces rencontrées ici. | |
| ÉcoConseil | Afin de ne pas favoriser la prédation par les goélands, si vous faites de la navigation de plaisance, évitez de vous approcher des sites de nidification ou d'élevage de l'Eider à duvet, surtout au cours des 2 premières semaines de vie des canetons. | |
| Pour plus de chances d'observation | Dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent, vous pouvez apercevoir l'Eider à duvet surtout aux abords des îles ou le long du littoral côtier, en aval de Kamouraska. | |
| Références utilisées | Cayouette, R. et J.-L. Grondin, Les oiseaux du Québec, Société zoologique de Québec, Orsainville, 1972. David, N., Les meilleurs sites d'observation des oiseaux au Québec, Québec Science Éditeur, Sillery, 1990. Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de), Les oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada (région du Québec), Montréal, 1995. Godfrey, W.E., Les oiseaux du Canada, Édition révisée, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 1986. Peterson, R.T., Guide des oiseaux de lest de l'Amérique du Nord, Éditions Marcel Broquet Inc., Laprairie (Québec), 1994.
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