La faune du Québec

Le Geai bleu

Blue Jay (Cyanocitta cristata)

Classification
  • Classe: oiseaux

  • Ordre: passériformes (passereaux)

  • Famille: corvidés (geais, pies, corneilles)

Description physique

Le Geai bleu a une huppe et est un peu plus gros que le merle. Sa longueur totale varie entre 28,0 et 31,5 cm, sa queue faisant à elle seule 12,7 à 14,3 cm de long. Son poids s'élève en moyenne à 86,8 g. Son envergure totale varie entre 40,0 et 44,4 cm.

Mâle et femelle ont un plumage semblable. La huppe, le dos, les ailes et la queue sont bleu cobalt. La poitrine est blanchâtre ou gris terne. Les ailes et l'extrémité de la queue portent des taches blanches voyantes. L'oiseau a un collier noir, un long bec, effilé mais robuste, et des pattes noires.

Habitat et alimentation

Au Canada, le Geai bleu niche dans le sud de toutes les provinces, à l'exception de la Colombie-Britannique. Au Québec, il s'installe principalement dans les forêts feuillues et mixtes. Il affectionne aussi les boisés des banlieues et des régions agricoles, de même que les parcs urbains, surtout si des hêtres et des chênes y poussent. De plus, il fréquente les mangeoires.

Le Geai bleu est omnivore. Il mange cependant trois fois plus de matières végétales qu'animales. Son régime alimentaire se compose principalement de faînes de hêtres, de glands de chênes, de maïs et d'insectes tels les sauterelles, les chenilles et les coléoptères. À l'occasion, s'ajoutent des oeufs ou des oisillons d'autres espèces, voire même des petits poissons, des grenouilles, des couleuvres ou des souris.

Reproduction
  • Durée de l'incubation: 16 à 18 jours

  • Nombre de couvées par année: 1, rarement 2 ou 3

  • Nombre d'oeufs par couvée: 4 ou 5

La saison de reproduction du Geai bleu commence tôt au printemps. La première phase du rituel de cour consiste en la formation de groupes de 3 à 6 individus, incluant chacun une seule femelle. Durant cette phase, il y a appariement si un des mâles du groupe arrive à intimider suffisamment ses rivaux pour qu'ils aillent auprès d'une autre femelle. Vient alors la deuxième phase du rituel: le mâle dominant offre de la nourriture à la femelle choisie. Il lui apporte aussi des branchages dont elle se servira pour construire des nids factices.

Une fois les liens du couple resserrés, débute la construction du véritable nid. Chez certains couples, les 2 partenaires participent également à sa construction. Chez d'autres, la femelle fait presque tout le travail. Branchages, brindilles, mousse, lichen, écorce, boue, laine et papier constituent les principaux matériaux utilisés pour façonner l'extérieur du volumineux nid installé de préférence dans un conifère, à une hauteur variant de 1 à 20 m. Radicelles, herbe et plumes tapissent généralement l'intérieur du nid.

La femelle y pond de 2 à 7 oeufs, le plus souvent 4 ou 5. De couleur chamois verdâtre ou bleuâtre, ils sont marqués de petits points et d'éclaboussures bruns ou olive. Leur incubation dure, en général, entre 16 et 18 jours. Elle est assurée par la femelle qui, pendant ce temps, continue de recevoir de la nourriture de la part de son compagnon.

Après l'éclosion des oeufs, les 2 parents participent aux soins des oisillons. Vers l'âge de 17 à 21 jours, ces derniers quittent le nid mais restent avec leurs parents qui continuent de leur donner la becquée encore pendant au moins 1 mois ou 2. À compter de l'âge de 2 ans, les jeunes sont généralement aptes à s'accoupler.

Moeurs

Jusqu'à ce que les jeunes quittent le nid, le Geai bleu se montre plutôt territorial. L'automne venu, des groupes lâches, comprenant 3 ou 4 familles, se forment. À l'approche de l'hiver, certains individus, parmi les plus jeunes surtout, migrent vers les États-Unis. Ceux qui restent se divisent en groupes de 2 à 4 individus.

Du moment qu'il n'est pas trop près de son nid, le Geai bleu se montre très bruyant. À l'approche d'un prédateur potentiel, il n'hésite pas à donner l'alerte. Il doit d'ailleurs son nom à son retentissant "djé"! Et qui ne connaît pas son "tout-ouidèle" évoquant une poulie grinçante? Le Geai bleu sait aussi imiter le cri d'autres espèces d'oiseaux, dont celui de la Buse à épaulettes.

En période de mue, le Geai bleu prend souvent des «bains de fourmis». Les substances sécrétées par ces insectes apaiseraient ses irritations cutanées.

Cet oiseau percheur a en outre l'habitude de cacher une partie de sa nourriture dans le sol, probablement en prévision de disettes. Grâce à une poche gulaire, il peut transporter plusieurs graines à la fois.

Ses principaux prédateurs sont le chat, le chien, le Grand-duc et l'épervier.

Statut de l'espèce Dans la majeure partie du Québec méridional, le Geai bleu est commun. Il compte parmi les oiseaux nicheurs résidents.
Pour plus de chances d'observation Ayez une grande mangeoire offrant des arachides, du maïs concassé, des graines de tournesol ou des noix. Sinon, promenez-vous en forêt feuillue et peut-être aurez-vous la chance d'observer cet oiseau au plumage bleu tout à fait unique.
Références utilisées

Cayouette, R. et J.-L. Grondin, Les oiseaux du Québec, Société zoologique de Québec, Orsainville, 1972.

David, N., Les meilleurs sites d'observation des oiseaux au Québec, Québec Science Éditeur, Sillery, 1990.

Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de), Les oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada (région du Québec), Montréal, 1995.

Godfrey, W.E., Les oiseaux du Canada, Édition révisée, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 1986.

Peterson, R.T., Guide des oiseaux de l’est de l'Amérique du Nord, Éditions Marcel Broquet Inc., Laprairie (Québec), 1994.


Cette fiche a été rédigée par le Musée canadien de la Nature pour l'ÉcoRoute de l'information