La faune du Québec
 

Le  Héron
Héron bleu - Great Blue Heron (Ardea herodias)
Classification

    Classe: oiseaux

    Ordre: ciconiiformes

    Famille: ardéidés (hérons, butors)

Description physique Le Grand Héron est, de tous nos échassiers, le plus imposant. Il mesure environ 1,20 m de haut et entre 1,08 et 1,32 m de long. Son poids oscille autour de 2,6 kg, la femelle étant légèrement moins lourde. Son envergure totale atteint entre 1,83 et 2,13 m.

Mâles et femelles adultes ont un plumage comparable. Sur les parties supérieures du corps, il est surtout bleu grisâtre. La tête est cependant blanche; une large bande noire la marque depuis le dessus de l'oeil jusqu'à la nuque et forme vers l'arrière une mince huppe. Deux bandes noires tranchent aussi sur le long cou, brun grisâtre vers le bas. De longues plumes effilées ornent le bas du cou et du dos. Le ventre est rayé blanc et noir. Le bec jaunâtre, d'une longueur d'environ 13 cm, est plutôt épais à la base et s'effile en pointe vers le bout. Les longues pattes sont vert brunâtre et présentent souvent une teinte rougeâtre pendant la période d'accouplement. L'ongle des doigts médians est denté, comme un peigne, sur la surface interne.

Le juvénile n'a pas de huppe. La calotte est gris ardoise et le plumage, un peu plus pâle que celui des adultes.

Au vol, le Grand Héron a le cou replié et la tête appuyée entre les épaules. Le battement des ailes est lent et puissant.

Habitat et alimentation Le Grand Héron niche dans presque tout le sud du Canada, depuis les Maritimes jusqu'en Alberta. On le rencontre aussi en Colombie-Britannique, presqu'uniquement le long des côtes, sur les îles de la Reine-Charlotte et sur l'île de Vancouver. Au Québec, il nidifie dans l'ensemble de la portion méridionale de la province jusqu'en Minganie, à l'île d'Anticosti et aux Îles-de-la-Madeleine. Pour installer son nid, ce héron bleu recherche habituellement les îles boisées, les forêts ripariennes inondées pendant la crue du printemps, ou les arbres séchés émergeant des étangs à castors. Son régime alimentaire consiste principalement en de petits poissons de moins de 25 cm de long, des grenouilles et des gros insectes aquatiques qu'il trouve en eau peu profonde, douce ou salée, sur le bord des rivières, des lacs, des étangs ou dans les fossés, les terrains marécageux, les vasières et les marais.
Reproduction

    Durée de l'incubation: 27 jours

    Nombre de couvées par année: 1

    Nombre d'oeufs par couvée: 4 ou 5

Le Grand Héron est monogame mais il change de partenaire à chaque saison de reproduction. Dès son retour au printemps, il se rend à la héronnière qu'il connaît, parfois à son ancien nid. Ce dernier, d'un diamètre de 0,5 à 1,2 m, est fait de branchages entrelacés. Il se trouve le plus souvent au sommet de grands arbres, en général des feuillus. La femelle y pond habituellement 4 ou 5 oeufs bleu verdâtre pâle. Leur incubation, assurée tant par la femelle que par le mâle, dure près d'un mois. Si la nourriture est abondante et le succès de pêche des parents suffisant, les petits peuvent prendre leur envol dès l'âge de 10 semaines. Parfois, seuls quelques individus de la couvée survivent, faute de nourriture. Ils seront généralement aptes à se reproduire à l'âge de 2 ans.

Moeurs Le Grand Héron vit normalement en colonie. Au Québec, il est surtout présent de la fin de mars à la mi-octobre. Mais certains individus demeurent parfois jusqu'en décembre.

Jusqu'à l'accouplement, les mâles défendent un territoire se limitant le plus souvent à la périphérie de leur nid. Une fois les couples formés et la ponte commencée, ce comportement territorial s'affaiblit. Dès lors, les adultes vaquent paisiblement à leurs activités de pêche et d'alimentation.

Ce grand échassier bleu peut émettre différents croassements et cris rauques et graves, de même qu'un "onc" semblable à celui des oies, quoique plus strident.

Après plusieurs années d'occupation, les Grands Hérons se voient obligés d'abandonner leur colonie pour aller s'établir ailleurs, car leur présence prolongée finit par rendre impropre à la nidification le site où ils se sont installés. 

Le Grand Héron est un oiseau robuste qui peut vivre plus de 15 ans. Au Québec, une fois devenu adulte, il a peu d'ennemis, si ce n'est l'homme. Ses oeufs et ses jeunes sont cependant fréquemment la proie de la corneille, du corbeau, des goélands, des rapaces, du raton laveur et même de l'ours noir.

Statut de l'espèce Le Grand Héron est un nicheur migrateur commun dans le sud du Québec. Sa population est estimée à quelque 25 000 individus.
ÉcoConseil Soyez discret près d'une héronnière (il en existe près de 500 au Québec). Si les parents s'absentent du nid à cause de votre présence, les prédateurs, eux, risquent d'en profiter.
Pour plus de chances d'observation Il est fréquent de voir le Grand Héron sur le bord des autoroutes, près des grands plans d'eau, ou encore dans les marais et les secteurs peu profonds des rivières. 
Références utilisées Cayouette, R. et J.-L. Grondin, Les oiseaux du Québec, Société zoologique de Québec, Orsainville, 1972.

David, N., Les meilleurs sites d'observation des oiseaux au Québec, Québec Science Éditeur, Sillery, 1990.

Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de), Les oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada (région du Québec), Montréal, 1995.

Godfrey, W.E., Les oiseaux du Canada, Édition révisée, Musée national des sciences naturelles, Ottawa, 1986.

Peterson, R.T., Guide des oiseaux de l’est de l'Amérique du Nord, Éditions Marcel Broquet Inc., Laprairie (Québec), 1994.

Surprenant, M., Les oiseaux aquatiques du Québec, de l'Ontario et des Maritimes, Éditions Michel Quintin, Waterloo (Québec), 1993.
Ferron, M-A, Les oiseaux et les chevreuils en période reproductive, Édition Marcel Broquet Inc, Laprairie (Québec), 1999

Cette fiche a été rédigée par le Musée canadien de la Nature pour l'ÉcoRoute de l'information